L’auteur de ces lignes

Avant d’emménager dans un nouveau pays on tente se préparer. On se documente sur ces us et coutumes encore inconnus. On cherche à emporter avec soi ses repères culturels. On localise sur un plan les boulangeries. Et puis finalement on s’habitue. On comprend que la baguette de pain est trop chère à New York et sans même s’en rendre compte on mange du pain américain.
Je me suis habitué à un format littéraire très américain: le personal essay. Il est partout là-bas, sur des sites quasiment dédiés (xoJanethe ToastTought Catalogthe Awlthe Hairpin), très fréquent sur The CutJezebel, et même courant dans les tribunes du New York Times ou du Washington Post.
Il est courant de lire des articles en français où apparaît l’expression “l’auteur de ces lignes”; imaginez que l’auteur.e en question raconte son article en utilisant le “je”. Voilà, c’est un personal essay.

Au moment de préparer mon retour à Paris, j’ai cherché où je pourrais lire des personal essays et autres textes de nonfiction en français. Je n’ai pas trouvé. Je ne veux pas m’habituer à cette absence. J’estime que publier (et lire) des textes écrits à la première personne c’est accorder de l’espace à l’expression de l’individualité. Et s’il n’y a pas de tel espace en français, alors je pourrais le créer: voilà comment Triade est né.

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